La maison Koala ~ The Koala House

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La maison dans laquelle nous devions passer les trois premièes années de notre vie américaine était simple, grande et avec assez de chambres pour chacun. Ce n’était pas le ranch de la famille Ewings, mais elle nous convenait bien. Les enfants rapidemment lui donnèrent le nom de “la maison Koala” , allez savoir pourquoi! La cuisine était un simple couloir avec un frigo , une gaziniere et un four à la taille américaine qui prit tout son sens quand il fallut cuire notre première dinde de Thanksgiving. La machine à laver ressemblait à une énorme boite dans laquelle on mettait de l’eau et la lessive qui s’agitait pour mélanger les deux et soi-disant laver le linge. Je me demandais en l’utilisant pour la première fois comme la première puissance du monde avait pu envoyer des hommes sur la lune quand elle ne savait pas faire une simple machine à laver le linge. Plus tard, je découvris que la première puissance du monde à tout ce qu’il fallait, mais que c’était plutôt notre maison de location qui était de l’âge d’avant l’épopée lunaire. Il ne faut jamais juger un pays sur sa lessiveuse.

La maison avait deux étages avec les chambres en bas et le salon en haut au niveau de la rue. Au premier, il y avait deux grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin que les pluies diluviennes de l’été dans le New Jersey transformaient régulièrement en piscine de boue. Et même si les enfants se sont bien amusés dans les flaques, cela gâchait un peu l’envie de manger dehors. Spouse résolut cela avec ingéniosité et des palettes de bois sur lesquelles nous avions installé la table de pique-nique. Pas question de passer l’été sans pourvoir faire une grillade ! Notre enthousiasme pour le pique-nique se heurta rapidement à l’appétit vorace des moustiques américains qui devaient trouver une amélioration dans leur repas quotidien en se régalant de notre sang français. Le moustique américain est un fin connaisseur et un gourmet, mais il est surtout très vorace.

On a passé quatre belles années dans cette maison. Il y avait du givre aux fenêtres l’hiver et des bourrasques glacées ouvraient parfois la porte d’entrée. L’été, l’humidité rendait inutilisables certaines pièces du bas et la citronnelle était mon unique parfum, mais en comparant tout cela avec la situation de la plupart des immigrés qui fuient une vie de peine pour le rêve américain, nous étions privilégiés. Et comme ils disent ici en Amérique “Home is where the heart is”. Notre maison est là où se trouve notre coeur. Et mon coeur était bien là avec mes Gottrotteurs et mon Spouse et mon chien et mon chat, lovés au coeur de notre bulle, dans la maison koala.

Florence de Pont

In English please!

The house in which we spent the first three years of our American life was simple, large, and with enough bedrooms for everyone. It wasn’t the Ewings family ranch, but it suited us fine. The kids quickly named it “The Koala House. Who knows why! The kitchen was a simple hallway with an American-sized fridge, stove, and a big oven that made sense when I had to cook our first Thanksgiving turkey. The washing machine looked more like a massive box in which you put water and detergent, which stirred gently to wash the laundry. When using it for the first time, I wondered how the most powerful country in the world could have sent men to the moon when it didn’t know how to make an efficient washing machine. Later, I found out that the superpower US could do it, but instead, it was our rental house from the age before the lunar conquest. You should never judge a country by its wash boiler.

The house had two floors with the bedrooms downstairs and the living room upstairs at street level. On the first floor, two large picture windows overlooked a backyard that the torrential rains of summer in New Jersey regularly turned into a mud pool; and although the children had a great time in the puddles, it spoiled our joy to eat outside. Spouse solved this with ingenuity and wooden pallets on which we had set up the picnic table. It was out of the question of spending the summer without barbecuing! Our enthusiasm for BBQ Parties quickly collided with the American mosquitoes’ ravenous appetites, who indeed have found an improvement in their daily meal by feasting on our French blood. The American mosquito is a connoisseur and a gourmet, but above all, it is very voracious.

We spent four beautiful years in this house. There was frost on the windows in the winter, and icy squalls occasionally opened the front door. In the summer, the humidity made some downstairs rooms unusable, and citronella was my only perfume. Still, comparing all of this with the plight of most immigrants fleeing a life of pain for the American Dream, we were privileged. As they say here in America, “Home is where the heart is,” and my heart was there with my Gottrotters, and my Spouse, and my dog and my cat, curled up at the heart of our bubble, in the koala house.

Florence de Pont


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