La “graduation” américaine vs le Bac français ~ The American graduation vs the French Diploma

Read in English Below

Lorsque l’on pense a ce qui nous séparent des immigrés qui s’installent dans notre pays, on pense toujours aux différences les plus visibles comme la religion, la couleur de la peau, la nourriture, la façon de s’habiller ou de parler. Pourtant, ce sont parfois des choses plus simples qui mettent l’immigrée que je suis en porte à faux dans mon nouveau pays.

Cette semaine, j’ai eu le bonheur de retrouver mes amies pour un repas en personne, sans masque, chez l’une d’entre nous. Autant vous dire que nous avions des tas de choses à nous raconter.  L’un des sujets de conversation fut les cérémonies de remises de diplômes de nos enfants, la « graduation ». Avant mon arrivée aux USA, ma connaissance de la « graduation » venait surtout des films et des séries télévisées américaines. Je trouvais cela plutôt bien, surtout comparé au système français.

En France, à la fin du lycée les enfants doivent passer le Baccalauréat, appelé le « Bac ». Le Baccalauréat est une institution française qui, comme beaucoup d’institutions françaises, nous vient de Napoléon. Impossible de faire sans.  Le Bac est un examen que doivent passer tous les lycéens de France. Peu importe les notes obtenues pendant les trois années de lycée, l’essentiel est de réussir son examen. Il est le passeport indispensable pour continuer ses études. Sans le Bac, il est pratiquement impossible de faire quoique ce soit et pour les parents pas de question de le rater. Du coup, les gamins sont sous pression de la fin mai au moins de juillet.

Chaque année, les détracteurs du Bac vous diront que le niveau est nul et que cet examen ne sert à rien. D’autres le défendent bec et ongles en mettant en avant la dignité de l’institution, le rite de passage et tout le tralalala. La plupart des Français pensent que la nouvelle génération est plus mauvaise que la leur. Peu importe, il faut l’avoir quand même. Depuis que j’ai passé le Bac dans les années 80, il a beaucoup évolué pour s’adapter au 21e siècle. Les épreuves changent, la notation aussi, mais le Bac reste encore et toujours cette vieille maîtresse d’école démodée, mais que l’on respecte toujours.

Tout ce stress, cette panique avant et pendant les examens, puis plus rien. Mon frère est allé regarder les notes affichées sur les murs du lycée pour moi. J’avais déjà commencé mon boulot d’été et je ne pouvais y aller moi-même. Après le travail, je suis rentrée chez moi et ma mère m’annonça la nouvelle, me félicita brièvement et continua ses activités. Je ne me souviens pas de la réaction de mon père qui devait simplement se dire que c’était un souci de moins. Moi, j’étais surtout soulagée de savoir que je ne devais pas aller au « repêch’ », le repêchage.  C’est-à-dire une série d’épreuves supplémentaires pour remonter sa note. Je n’ai pas une seule photo de cette journée. Le weekend, nous avons fêté le Bac avec les copains. Pour nous, ce n’était pas vraiment une affaire de famille.

Alors, en arrivant aux USA, j’étais ravie que mes enfants connaissent une autre expérience que la mienne. Le diplôme sanctionne les quatre années de lycée. Les examens finaux sont un complément de la note de l’année. La pression au niveau des examens est beaucoup oppressante qu’en France. Même si les cérémonies sont atrocement longues et ennuyeuses, c’est toujours sympa de voir son gamin avec la coiffe et la robe monter sur la scène un sourire jusqu’aux oreilles recevoir son diplôme. Au moins, il y a une célébration de l’accomplissement. En revanche, la fête entre copains est sous haute surveillance et les gamins se retrouvent pendant des fêtes organisées par leurs parents. La fin du lycée n’est pas encore tout à fait le début de la liberté.

L’année dernière, mon fils devait avoir sa « graduation » au lycée, mais à cause des restrictions liées à la pandémie, toutes les célébrations ont été annulées. Une vidéo a remplacé la cérémonie. Chaque élève a fait une courte vidéo pour dire quelques mots. Mon petit Gottrotter et ses frères se sont bien amusés à faire la sienne. Le soir de la retransmission, on a fait un apéritif dinatoire devant la télé pour regarder la cérémonie enregistrée. C’était amusant, tendre et plus personnel que les longues cérémonies habituelles. Alors, on a ri, bu et mangé. Ensuite, on est passé à autre chose. Le vie continuait et mon Gottrotter avait déjà les yeux rivés sur son futur au collège.

Pour certains parents, ce n’était pas aussi simple de passer à autre chose. Mes amies plaignaient tous les enfants qui avaient raté leur rite de passage et manqué cette étape si importante de leurs vies. Pour beaucoup de famille, la fête avait été gâchée. Alors que je moquais un peu de mes Américaines préférées en leur disant quelque chose comme “C’est la vie” ou “Ce n’est pas la fin du monde”, une autre de mes amies me fit remarquer que parce que nous avions été élevées dans une autre culture, nous n’avions pas le même attachement que nos amies à la « graduation ». Je me suis rendu compte alors que malgré les années passées aux USA, j’avais gardé mes réflexes de française. Comme le dit la chanson, “On n’oublie pas d’où on vient” !

Peu importe nos différences et nos origines, nous nous ressemblons plus que nous ne voulons l’admettre. Avant de juger les autres, il nous faut changer notre perspective. Après tout, les Américains mettent autant d’énergie et d’émotion sur la “graduation” que les Français en mettent sur le baccalauréat.

Florence de Pont

In English please!

When we think about what separates us from immigrants who settle in our country, we always think of the most visible differences such as religion, skin color, food, the way of dressing or speaking…
However, sometimes it is simpler things that put the immigrant at odds within the new country.

This week, I was fortunate enough to meet my friends for a meal in person, without a mask. You might as well say that we had lots of things to talk about. One of the topics of conversation was our children’s graduation. Before I came to the US, my knowledge of “graduation” mainly came from American movies and TV series. I liked it a lot, especially compared to the French system.

At the end of high school in France, children must pass the “Baccalauréat”, called the “Bac.” The Baccalauréate is a French institution which, like many French institutions, comes to us from Napoleon. Impossible to do without it. The Bac is an exam that all high school students in France must pass. No matter what grades you get during the three years of high school, the main thing is to pass your exam. It is the essential passport to continue your studies. Without the Bac, it is practically impossible to do anything, and for parents, there is no question of failing it. As you can imagine, the kids are under pressure from late May to July.

Every year, detractors of the Bac will tell you that the level is bad and that this exam is useless. Others defend it tooth and nail by emphasizing the institution’s dignity, the rite of passage, and all the tralala. Most French people think the new generation is worse than theirs. Either way, you have to have it anyway. Since I took the Bac in the 80s, it has evolved a lot to adapt to the 21st century. The tests change, the notation too, but the Bac is still this old schoolmistress, old-fashioned, but we still respect.

All this stress, this panic before and during the exams, then nothing. My brother went to look at the notes posted on the high school walls for me. I had already started my summer job and couldn’t go myself. After work, I returned home, and my mother broke the news, congratulated me briefly, and continued with her activities. I can’t remember my dad’s reaction. He certainly thought it was one less worry. I was especially relieved to know that I didn’t have to go to the “repêch”, the retake. The “repêchage” is a series of additional tests to raise a student’s grade. I don’t have a single photo from that day. The weekend, we celebrated the Bac with our friends. For us, it wasn’t a family affair.

So, when I arrived in the USA, I was delighted that my children had another experience than mine. The diploma sanctions the four years of high school. The final exams are a supplement to the grade for the year. The pressure on exams is less stressful than in France. Even though the ceremonies are tedious, it’s always nice to see your kid in cap and gown take the stage with a smile from ear to ear to graduate. At least there is a celebration of accomplishment. On the other hand, the party between friends is under close surveillance, and the kids meet during parties organized by their parents. The end of high school is not quite the beginning of freedom.

Last year, my son was supposed to graduate from high school, but all celebrations were called off due to pandemic restrictions. A video replaced the ceremony. Each student made a short video to say a few words. My little Gottrotter and his brothers had a blast making his. On the evening of the broadcast, we had an aperitif-dinner in front of the TV to watch the recorded ceremony. It was fun, tender, and more personal than the usual long ceremonies. So we laughed, drank and ate. Then we moved on. Life went on, and my Gottotter already had his eyes riveted on his future in college.

For some parents, it was not that easy to move on. My friends felt sorry for all the children who had missed their rite of passage and this important step in their lives. For many families, the party had been ruined. While I was teasing my favorite American women telling them something like “C’est la vie and “it’s not the end of the world”, another friend of mine pointed out that because we were brought up in another culture, we did not have the same attachment as our friends to the “graduation.” I realized then that despite the years spent in the USA, I had kept my French reflexes. As the song says, “We don’t forget where we come from”!

No matter our differences and our origins, we are more alike than we want to admit. Before judging others, we need to change our perspective. After all, Americans put as much energy and emotion on “graduation” as the French put on the “baccalauréat.”

Florence de PontFEG

“On n’oublie pas d’où l’on vient” par Pascal Obispo et Florent Pagny


Discover more from Florence de Pont

Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Leave a comment

Discover more from Florence de Pont

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading