Il y a 20 ans, l’attaque sur l’Amerique ~ 20 years ago, the attack on America

Comme beaucoup de monde sur notre jolie planète, je me souviens très bien de ce que je faisais lorsque j’ai appris l’attaque terroriste contre NYC. Je rentrais du travail et j’avais allumé la radio. Au début, je n’avais pas très bien compris ce qui se passait. Les personnes à la radio étaient fébriles et les informations se précipitaient et se répétaient. L’Amérique avait été attaquée. Deux avions s’étaient écrasés sur les tours du World Trade Center à Manhattan, un autre sur le Pentagone et un dernier dans un champ en Pennsylvanie.  Alors, que les deux tours s’écroulaient, le monde semblait s’écrouler avec elles.

J’ai récupéré mes enfants chez leur nounou et je me précipitais à la maison pour allumer la télé. Spouse était encore en ville à la banque pour discuter de l’achat de notre maison. Nous étions choqués, incrédules, abasourdis. Les images étaient horribles et incroyables. NYC était en flammes, les gens couverts de poussière et de sang courraient paniqués fuyant la fumée et les gravats. Cela ressemblait plus à un film de fin de monde dont l’Amérique avait le secret. Je ne pouvais détacher mon regard de mon écran. Les enfants venaient me voir sans trop comprendre ce qui se passait et je les renvoyais dans leur chambre. Je n’arrivais pas à assimiler ce que je regardais.

Mon meilleur ami m’a appelé. Nous sommes restés au téléphone un moment pour mettre un peu de sens dans ces images. Nous étions fascinés et dégouttés à la fois. Les images de dévastation tournaient en boucle accompagnées de commentaires de gens qui n’en savaient pas plus que nous. Il me tardait que Spouse rentre. Il était encore à Lyon et je n’étais pas tranquille. Tant de personnes, ce jour-là, ne virent pas leurs conjoints rentrer à la maison. Nous attendions notre troisième enfant et je me demandais dans quel monde j’allais le lancer. Même si je ne le savais pas encore, je sentais bien qu’un tel évènement aurait forcément un impact sur le Monde tel que nous le connaissions.

Après un moment, j’ai éteint la télé. Je n’en pouvais plus de voir autant de douleurs, de bruits et de violence. Je me suis occupée des enfants comme je le faisais tous les soirs et comme j’aurais le bonheur de le faire encore pendant encore beaucoup d’autres. La vie reprenait ses droits. Pourtant, combien ce jour-là n’ont pas eu cette chance ?

Le lendemain, l’éditorial du Monde était « Nous sommes tous Américains » et ce jour-là et les jours qui suivirent, nous l’étions tous. New York était sous le choc. L’Amérique était sous le choc. Le Monde était sous le choc.  L’Amérique, la première puissance du monde, était attaquée sur son sol.  C’était une attaque sauvage contre des gens comme nous, des gens qui allaient travailler, des femmes, des hommes, de toutes les religions, de toutes les couleurs. 20 ans après, personne ne peut oublier.

Le journal le Monde le 10 septembre 2001

Pendant une cérémonie émouvante, en écoutant les familles lire les noms des 3000 disparus, on ne peut oublier que derrière les chiffres et les images terribles,  il y a des Gordon, Edelmiro, Betty, Heinrich, Mukul, Joao, Shabbir, Richard, Jacquelyn , Joseph, Anna, Tariq, Lorraine, Faustino, Louis, Ivahn, Lawrence, des parents, des amis, des frères, des sœurs, des amants, des laids, des beaux, des cons, des tendres, des durs…des Humains.

Le 11 septembre 2001, c’était aussi un jour où tous, nous ne formions qu’un groupe uni et solidaire de la souffrance de l’autre, de ses peurs et de ses espoirs. Cela n’a pas duré longtemps. Nous sommes tous vite repartis en guerre les uns contre les autres.

S’il y a une leçon à retenir de ce jour-là, c’est que nous ne retenons jamais les leçons de l’Histoire.

Florence de Pont

In English French

Like many people on our beautiful planet, I vividly remember what I was doing when I learned of the terrorist attack in NYC. I came home from work and turned on the radio. At first, I didn’t quite understand what was going on. The people on the radio were feverish, and the news rushed and repeated. America had been attacked. Two planes had crashed into the towers of the World Trade Center in Manhattan, one into the Pentagon and one in a field in Pennsylvania. As the two towers crumbled, the world seemed to crumble with them.

I picked up my kids from their nanny and was rushing home to turn on the TV. Spouse was still in town at the bank discussing the purchase of our house. We were shocked, incredulous, stunned. The pictures were horrific and incredible. NYC was in flames, dust and blood-covered people running in panic, fleeing smoke and rubble. It sounded more like an end of the world movie that America had the secret. I couldn’t take my eyes off my screen. The children came to see me without really understanding what was going on, and I sent them back to their room. I couldn’t take in what I was watching.

My best friend called me. We stayed on the phone for a while to make some sense of these images. We were fascinated and disgusted at the same time. The footage of devastation was looping along with comments from people who didn’t know more than we did. I couldn’t wait for Spouse to come home. He was still in Lyon, and I was anxious to see him. So many people that day did not see their spouses come home. We were expecting our third child, and I wondered what world I was going to throw him into. Even though I didn’t know it yet, I felt that such an event would inevitably impact the World as we knew it.

After a while, I turned off the TV. I couldn’t bear to see so much pain, noise, and violence. I took care of the children as I did every night and as I would be fortunate enough to do for many more. Life was resuming its rights. Yet, how many that day were not so lucky?

The next day the French newspaper Le Monde editorial was “We are all Americans,” and on that day and the days that followed, we all were. New York was in shock. America was in shock. The World was in shock. America, the World’s leading power, was under attack on its soil. It was a savage attack on people like us, people who were going to work, women, men, of all religions, of all colors. 20 years later, no one can forget.

The newspaper Le Monde on 9/10 2001

During the moving ceremony, listening to families read the names of the 3,000 victims, we cannot forget that behind the terrible numbers and images, there are Gordon, Edelmiro, Betty, Heinrich, Mukul, Joao, Shabbir, Richard, Jacquelyn , Joseph, Anna, Tariq, Lorraine, Faustino, Louis, Ivahn, Lawrence, parents, friends, brothers, sisters, lovers, idiots, ugly, beautiful, tender, tough … Humans.

September 11, 2001, was also a day when we all formed a united group in solidarity with each other’s suffering, fears and hopes. It didn’t last long. We all quickly went to war against each other.

If there is one lesson to be learned from that day, it’s this: we never learn the lessons of History.

Florence de Pont


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2 responses to “Il y a 20 ans, l’attaque sur l’Amerique ~ 20 years ago, the attack on America”

  1. […] sur la beauté de la solidarité franco-américaine après le 11 septembre, suivez le lien ici.  L’événement de cette semaine dans les relations franco-américaines est le rappel de […]

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  2. […] sur la beauté de la solidarité franco-américaine après le 11 septembre, suivez le lien ici.  L’événement de cette semaine dans les relations franco-américaines est le rappel de […]

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