Éric Zemmour et les prénoms français ~ Éric Zemmour and the French Names

Au printemps de l’année prochaine, il va y avoir les élections présidentielles en France et comme toute période préélectorale, on peut voir de futurs candidats possibles et éventuels se précipiter sur n’importe quel sujet pour s’attirer les médias.

Une personnalité de ce monde médiatique et supervisuel français est Éric Zemmour, candidat en devenir qui d’après le New York Times, s’inspirerait de Donald Trump pour passer de vedette de la télé à guignol de la politique. Cela donne déjà une magnifique image du personnage et de son ambition. Pour mes amis Américains, Zemmour est une personnalité de la télévision française depuis des années et un familier des polémiques. Il a déjà eu deux condamnations pour provocation à la haine raciale. Trump n’a qu’à bien se tenir.

Une des polémiques que Monsieur Zemmour a lancée est la question des prénoms français en France. En septembre 2018, il disait à la chroniqueuse Hapsatou Sy « C’est votre prénom qui est une insulte à la France ». L’élégance à la française surement.

Eric Zemmour

La question que se pose ce charmant personnage télévisuel est la suivante : doit-on contraindre les Français à donner des prénoms français à leurs enfants ? C’est certainement une question essentielle aujourd’hui, bien plus que le changement climatique ou la COVID 19. Il explique son inquiétude par les valeurs de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité. La Fraternité par exemple, s’éprouve par les actes. Nous, Français, sommes une grande famille complice avec une même sensibilité, une envie de vivre ensemble.

Tout de suite, j’ai envie de dire que l’on devrait arrêter de faire l’analogie entre un pays ou une entreprise et une famille. Il y a tellement de familles qui ne fonctionnent pas dans le monde, des frères et sœurs qui se détestent, se jalousent pour voir que la famille n’est pas ce parfait cocon que l’on veut nous faire croire. Et que dire des chiffres terribles des violences familiales ? À moins que la comparaison n’ait de sens que si l’on veut mettre en avant un modèle patriarcal.

Monsieur Zemmour considère que l’assimilation est la seule option possible pour les immigrés. C’est-à-dire qu’ils doivent renoncer à tout ce qui leur vient de leur pays d’origine pour devenir français. Choisir un prénom français « c’est une main tendue, un effort sur soi pour former un tout avec l’autre Français ». Il déclare également rendre service aux immigrés en leur évitant de se faire discriminer à l’embauche à cause de leur prénom. La question que Monsieur Zemmour devrait se poser surtout est pourquoi en France en 2021 un français nommé Mousapha ou Dylan est-il traité différemment ?

Monsieur Zemmour cite ensuite la loi « relative aux prénoms et changements de nom » du 11 germinal (1803). Napoléon Bonaparte, nommé consul à vie après le coup d’État du 18 brumaire an VIII (1799) qui mit fin au Directoire et à la Révolution française. Napoléon voulait en finir avec les prénoms de la période révolutionnaire et exigeait qu’ils soient désormais choisis dans le calendrier grégorien ou dans la période antique de l’histoire de France. Le consul Bonaparte ne voulait surement pas voir des petits Marat partout. Pendant la période de la Terreur, toutes sortes de prénoms sont apparus. Il y avait des noms comme Orme, Fritillaire, Carpe ou Cochon pris dans le calendrier révolutionnaire qui avait des noms communs à la place de noms de saints. Je me demande si Monsieur Zemmour aimerait le prénom Sanculotide.

Le calendrier révolutionnaire

La première année où nous étions aux États-Unis, une maitresse avait demandé à un de mes fils de changer son prénom français en un prénom américain. Lorsque je vis sur ses devoirs qu’il écrivait Peter au lieu de Pierre, j’ai surtout été surprise. Nous avons discuté tous les deux et je lui rappelai que son prénom lui venait de son grand-père et qu’il faisait partie de son histoire. Il n’y avait aucune raison pour lui d’en changer. Il a repris son prénom et nous n’avons plus eu ce genre de situation. Aujourd’hui, Pierre est américain et son prénom français ne lui pose pas de problème. Il y a tellement de prénoms différents aux USA que tout est accepté avec simplicité. C’est le principe de l’intégration qui incorpore des gens d’origines différentes dans une société égalitaire. Cela entraine parfois des chocs de cultures qui demandent une éducation sur les valeurs du pays d’accueil et de la langue.

Il est vrai que le prénom peut parfois poser des problèmes. Une de mes amies dont le nom est d’origine turque me disait que lorsqu’elle commandait un café au Starbucks, elle donnait un prénom américain pour gagner du temps car personne n’arrivait à l’écrire correctement. Spouse, lui, n’en démord pas et donne toujours son prénom français. En 17 ans, il a trouvé son nom écrit correctement une seule fois. Il a eu des noms comme Jil, Gilly et le plus amusant Jioues. Je vous laisse deviner son prénom.

Florence de Pont

In English please!

In the spring of next year, there is going to be a presidential election in France and like any pre-election period, we can see possible and potential future candidates rushing on any subject to attract the media.

A personality in this French media and superficial world is Éric Zemmour, a candidate in the making who, according to the New York Times, would take inspiration from Donald Trump to go from TV star to political fool. It already gives a magnificent image of the character and his ambition. For my American friends, Zemmour has been a French television personality for years and a familiar with polemics. He has already had two convictions for incitement to racial hatred. Trump better behave himself.

One of the controversies that Mr. Zemmour has launched is the question of French first names in France. In September 2018, he told columnist Hapsatou Sy “It is your first name that is an insult to France.” French elegance certainely.

Eric Zemmour

The question posed by this charming television character is the following: should we force the French to give French names to their children? It is undoubtedly an essential question today, much more than climate change or COVID 19. He explains his concern by the values ​​of the French Republic: Liberty, Equality, Fraternity. Fraternity, for example, is experienced by deeds. We, the French, are a big family with the same sensitivity, a desire to live together.

First, I want to say that we should stop the analogy between a country or a company and a family. There are so many dysfunctioning families in the world, brothers and sisters who hate each other, jealous of each other to see that the family is not that perfect cocoon that we are made to believe. And what about the terrible figures for domestic violence? The comparison only makes sense if you want to put forward a patriarchal model.

Mr. Zemmour considers assimilation to be the only possible option for immigrants. That means they have to give up everything from their country of origin to become French. Choosing a French first name “is an outstretched hand, an effort on oneself to form a whole with the other French.” He also claims to help the immigrants by preventing them from being discriminated against because of their first name. The question that Mr. Zemmour should ask himself above all is why in France in 2021 is a Frenchman named Mousapha or Dylan treated differently?

Mr. Zemmour then quotes the law “relating to first names and changes of names” of 11 Germinal (1803). Napoleon Bonaparte, appointed consul for life after the coup d’etat of 18 Brumaire Year VIII (1799), which ended the Directory and the French Revolution. Napoleon wanted to get over with the first names from the revolutionary period and demanded that they were being chosen from the Gregorian calendar or the ancient period of French history. Surely the consul Bonaparte did not want to see little Marats everywhere. During the period of the Terror, all kinds of first names appeared, like Orme (Elm), Fritillaire, Carpe (carp), or Cochon (pig), taken from the revolutionary calendar, which had common names instead of names of saints. I wonder if Mr. Zemmour would like the first name Sanculotide.

The French Revolutionary Calendar

The first year we were in the United States, a teacher asked one of my sons to change his French first name to American. When I saw that he was writing Peter instead of Pierre on his homework, I was mostly surprised. We both chatted, and I reminded him that his first name came from his grandfather and was part of his story. There was no reason for him to change it. He went back to his first name, and we never had that kind of situation again. Today, Pierre is American, and his French first name is not a problem for him. There are so many different first names in the USA that everything is accepted with ease. It is the principle of integration that incorporates people of different origins into an egalitarian society. This sometimes leads to cultural shocks that require education on the host country’s values and language.

Indeed, the first name can sometimes cause problems. A friend of mine of Turkish origin told me that when she ordered coffee at Starbucks, she gave an American name to save time because people usually don’t know how to spell her name. Spouse does not budge and always gives his French first name. In 17 years, he has found his name spelled correctly on his cup only once. He had names like Jil, Gilly, and the funniest of all Jioues. I’ll let you guess his first name.

Florence de Pont


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