L’Amérique, le pays de la citrouille ~ America, the Land of Pumpkin

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Octobre est un mois très sympa dans le New Jersey. Le paysage est absolument magnifique surtout quand le soleil d’automne enveloppe d’une douce lumière les feuilles aux couleurs changeantes. C’est aussi un mois amusant avec les enfants. Il y a toutes sortes d’activités à faire et les weekends sont bien remplis. On peut aller chercher des pommes dans les vergers ou ramasser des citrouilles dans les champs et bien sûr, il y a toutes les préparations pour Halloween : décorer horrifiquement la maison, chercher les costumes et sculpter les citrouilles.

Car le symbole de l’automne aux USA est la citrouille. Dès le mois de septembre, on voit des citrouilles partout. Elles peuvent être petites ou grandes, peintes ou sculptées. Elles sont dans les magasins en vrai, en tissu ou en porcelaine. Elles sont devant les maisons, sur les marches d’escalier, dans les jardins, aux fenêtres. Elles sont omniprésentes. Elles ont un tel succès que l’on peut trouver de la citrouille dans tous les rayons du supermarché. Plus les années passent et plus l’hystérie à la citrouille n’a plus de limite. Il y en a dans le café, les gâteaux, les biscuits pour chiens, les bombes désodorisantes et même la glace ou le fromage à tartiner. Parfois, cela va vraiment trop loin, comme le dentifrice à la citrouille. Heureusement que l’on doit encore porter des masques !

Chaque école maternelle de la région a sa sortie dans une ferme pour que les enfants ramassent de petites citrouilles et fassent un petit tour en tracteur. En tant que mère, j’ai accompagné la classe de mon fils et je me suis retrouvée sur un de ses tracteurs dans une de ces fermes, coincées entre des gamins hurlant de joie à chaque nid de poule, jurant que l’on ne me m’y reprendrait plus. Quelque temps plus tard, j’ai refait un de ces tours de champs de citrouille en tant que prof avec ma classe. Je me suis retrouvée sur un de ces tracteurs avec une bande de gremlins qui s’enthousiasmait avec des cris aigus du moindre soubresaut, nostalgique en pensant à mes petits bambins devenus grands. Aujourd’hui, je ne fais plus de tour du tout, mais chaque fois que je vois une famille monter sur une remorque comme on prend le bateau d’une chasse au trésor, j’ai un petit pincement au cœur d’envie. C’était quand même drôlement amusant et les enfants grandissent plus vite qu’une vigne de citrouille.

La citrouille est devenue ma madeleine de Proust.

Mais d’où vient donc cette passion américaine pour la citrouille ?

En fait, elle vient d’Irlande. La légende raconte que « Stingy Jack », Jack l’avare, avait fait un pacte avec le diable. Le diable voulait prendre l’âme de Jack et lui offrit un verre dans une taverne en échange. Il se changea en pièce pour payer la boisson. Jack saisit le diable et le mit dans sa poche à côté d’une croix en argent. Le diable ne pouvait plus reprendre sa forme démoniaque et dut négocier sa libération avec Jack. Il promit de ne pas chercher à prendre son âme durant deux ans. À la fin des deux années, le Diable revint voir Jack. Celui-ci l’attendait au pied d’un pommier et demanda au Diable de monter à l’arbre pour lui cueillir une pomme, dernière demande du condamné. Le Diable, bonne poire, monta sur le pommier et pendant qu’il cherchait le fruit, Jack grava une croix sur le tronc de l’arbre et le Diable ne pouvait plus en redescendre. Cette fois, le maître des enfers promit de ne pas venir chercher Jack. Il grommela aussi que Jack n’était pas le bienvenu de toute façon. Dieu de son côté, ne voulait pas de ce personnage dans son paradis et le laissa errer sur la terre dans des nuits éternelles. Jack n’avait pour se guider qu’une lampe sculptée dans un navet qu’il gardait toujours avec lui. Jack of the lantern devint Jack-o’-lantern. Pour ne pas recevoir sa visite et devoir lui offrir un verre, les Irlandais mettaient à leur fenêtre des lampes sculptées dans des navets. En immigrants aux US, les familles irlandaises découvrirent les citrouilles et décidèrent qu’elles faisaient d’excellentes lanternes, plus facile à sculpter aussi. La tradition a perduré.

Jack’o Navet

En France, on dit souvent que les Américains sont de grands enfants. Ce sont plutôt des gens qui profitent de tout avec une joie enfantine et la moindre chose est une excuse pour s’amuser. Pas très loin de chez moi, il y a une ferme qui organise la récolte de citrouilles dans ses champs. Cela a commencé il y a quelques années par un tour en tracteur pour aller chercher les citrouilles et un petit magasin pour acheter des pommes ou des tartes aux fruits. Aujourd’hui, il y a une véritable fête foraine avec sa grande roue et ses stands et un labyrinthe dans un champ de maïs. C’est un succès. Le parking est rempli et une foule mélangée d’amateurs de citrouille, de pommes et de hotdog se presse dans les allées de terre pour manger un hamburger, s’acheter un paquet de popcorn gigantesque ou faire la queue pour prendre le tracteur. Les Américains s’amusent de tout, mais ils prennent l’amusement très sérieusement.

Heaven Hill Farm dans le NJ

La semaine prochaine, préparez vos toiles d’araignées, vos chapeaux de sorcières ou vos masques de squelettes, c’est Halloween !

À bientôt !

Florence de Pont

In English please !

Octobre is a very cool month in New Jersey. The scenery is absolutely stunning, especially when the autumn sun envelops the changing leaves in soft light. It’s also a fun month with the kids. There are all kinds of activities to do and the weekends are busy. You can go for apples in the orchards or pick pumpkins in the fields, and of course, there are all the preparations for Halloween: horrifically decorating the house, looking for the costumes, and carving the pumpkins.

The symbol of autumn in the USA is the pumpkin. Since September, you can see pumpkins everywhere. They can be small or large, painted or sculpted. They are in stores in real, fabric, or porcelain. They are in front of the houses, on the stairs, in the gardens, in the windows. They are everywhere. They are so popular that you can find pumpkins on every shelf in the supermarket. The more the years go by, the more the pumpkin hysteria has no limits. It’s in coffee, cakes, dog biscuits, air fresheners, and even ice cream or cheese spread. Sometimes it really goes too far, like pumpkin toothpaste. Fortunately, we still have to wear masks!

Pumpkin Toothpaste

Every school in the region has its field trip to a farm to collect small pumpkins and take a small tractor ride. As a mother, I went with my son’s class and found myself on one of his tractors on one of those farms, stuck between kids screaming with joy at every pothole, swearing that no one would take me again on one of these tractor rides. Sometime later, I did one of those pumpkin patch tours as a teacher with my class. I found myself on one of those tractors with a bunch of gremlins screaming enthusiastically with high-pitched cries when the trailer hit a bump, nostalgic at the thought of my little babies. Today, I don’t go on this kind of ride at all, but every time I see a family get on a trailer like taking a treasure hunt boat, I get a slight twinge of envy. It was a lot of fun, and the kids grew up faster than a pumpkin vine.

The pumpkin has become my Madeleine de Proust.

But where does this American passion for pumpkins come from?

In fact, the story is from Ireland. Legend has it that “Stingy Jack,” made a deal with the Devil. The Devil wanted to take Jack’s soul and offered him a drink at a tavern in return. He changed into a coin to pay for the drink. Jack grabbed the Devil and put it in his pocket next to a silver cross. The Devil could no longer return to his demonic form and had to negotiate his release with Jack. He promised not to try to take his soul for two years. At the end of the two years, the Devil returned to see Jack. The latter was waiting for him at the foot of an apple tree and asked the Devil to go up to the tree to pick an apple, the condemned man’s last request. The Devil climbed the apple tree, and while he searched for the fruit, Jack carved a cross on the trunk of the tree, and the Devil could not come down. This time, the master of the underworld promised not to come looking for Jack. He also grumbled that Jack wasn’t welcome anyway. God for his part, did not want this character in his paradise and let him wander the earth in eternal nights. Jack’s only guide was a lamp carved from a turnip that he always kept with him. Jack of the lantern became Jack-o’-lantern. To not receive his visit and have to offer him a drink, the Irish put lamps carved in turnips at their windows. Irish families discovered pumpkins as immigrants to the US and decided they made excellent lanterns easier to carve. The tradition has continued.

Jack’o Turnip

In France, it is often said that Americans are grown-up children. Instead, they enjoy everything with childish joy, and the slightest thing is an excuse to have fun. Not far from where I live, a farm organizes the pumpkin harvest in its fields. It started a few years ago with a tractor ride to pick up pumpkins and a small store to buy apples or fruit pies. Today there is an actual festival with its Ferris wheel and stalls and a maze in a cornfield. It is a success. The parking lot is packed, and a mixed crowd of pumpkin, apple, and hot dog lovers hurry down the dirt alleys to eat a burger, buy a gigantic bag of popcorn, or line up for the tractor ride. Americans like to have fun, and they take entertainment very seriously.

Heaven Hill Farms in NJ.

Next week get your cobwebs, witch hats, or skeleton masks ready; it’s Halloween!

See you soon!

Florence de Pont


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