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Comme si nous n’avions pas assez de problèmes après une pandémie qui a tué plus de 6 millions de personnes dans le monde et qui a suspendu nos vies aux élastiques de nos masques, le climat qui ne cesse de changer et pas forcément à l’avantage des humains, voilà que Poutine, le président russe, décide de façon dramatique et injustifiée d’envahir l’Ukraine. À force de basculer, notre monde va finir par se casser la figure pour de bon.
Des guerres, nous dans le monde occidental, nous en avons regardé beaucoup à la télé. Des réfugiés qui fuient leur pays en guerre et qui essayent de sauver leur famille des horreurs d’un conflit absurde, des camps qui s’installent dans des zones pas toujours accueillantes, des peuples en colère qui leur refusent l’entrée, on connait les histoires, on les a déjà entendues encore et encore. Dans ces pays d’Afrique ou du Moyen-Orient, c’est classique. Certains diraient même que c’est une tradition pour ces gens-là. Nous, dans nos pays riches, nous en avons un peu marre de leurs histoires. Ils n’ont qu’à régler ça entre eux. Certains disent que c’est parce que dans les pays occidentaux nous sommes un peu racistes. C’est injuste! Chez nous, nous avons des sujets bien plus importants à débattre sur les réseaux sociaux : est-ce que le masque est dangereux pour la santé ? Il y aura-t-il une nouvelle pénurie de papier toilette ? Quand est-ce que JFK va éliminer ses élites qui adorent Satan et boivent le sang des petits enfants dans le sous-sol des pizzérias ? Est-ce que la Terre est plate ? Ça nous occupe toute la journée. Alors, la guerre dans des pays sous-développés, on n’a pas le temps de s’y intéresser. Ce n’est pas notre faute si ces gens ne sont pas très éduqués et croient tout ce qu’on leur raconte.
Mais cette fois, la guerre est aux portes de l’Europe. Et quand je dis aux portes, c’est vraiment le voisin d’à côté. Les gens sont comme nous, même si on ne comprend rien de ce qu’ils disent. On est en train de regarder, minute par minute, l’invasion d’une nation démocratique, qui pourrait être n’importe quel pays d’Europe, par un puissant pays dirigé par un autocrate violent et complètement indifférence à la douleur des autres. J’entends beaucoup de gens à la radio ou sur YouTube (je n’ai pas les chaines de télévision classiques) exprimer leur surprise devant cet assaut barbaresque digne des pires heures de l’histoire européenne. Que pouvait-on attendre d’un homme qui attache autant d’importance au fait d’apparaitre macho man et que Donald Trump admirait tant ?
Depuis quelque temps, j’ai drôlement baissé ma consommation d’informations parce que je ne supporte plus de n’entendre que de mauvaises nouvelles. J’ai même arrêté d’écouter NPR, la Radio Publique Nationale américaine. Pourtant les journalistes de NPR, ce sont des calmes. L’information avec eux, c’est du sérieux sans se prendre trop au sérieux. Sur NPR, l’outrage est toujours mesuré, l’analyse précise, l’interview efficace et toujours respectueux. Parfois, oui je le reconnais, c’est un peu ennuyant, mais j’apprends toujours quelque chose et je me sens toujours un peu plus intelligente après l’avoir écouté. Dommage que je ne retienne rien.
Au fond, rien ne peut vraiment me choquer. Depuis les élections présidentielles américaines et l’élection de Donald Trump en 2016, j’ai le sentiment de revivre mes cours d’histoire du Lycée lorsque nous apprenions « la montée des fascismes en Europe ». On étudiait la prise de pouvoirs par Hitler et Mussolini et les différentes étapes qui avaient précédé la Seconde Guerre mondiale. En effet, partout en Europe, sur le continent américain et ailleurs, on a vu une multitude de candidats d’extrême droite se présenter à des élections, envahir les écoles et bouleverser les démocraties. La pandémie a alimenté ces tensions et l’incertitude de cette période a attisé des peurs et les colères plus ou moins justifiées. L’agression et l’insulte sont devenues nos moyens de communication. Pas étonnant que je n’attende plus rien de ce monde cruel et injuste envers les naïfs et les écrivains du dimanche matin.
Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est pas vraiment celui que j’avais imaginé lorsque j’étais plus jeune, plus optimiste et que ma préoccupation principale était de savoir si avec les copains, on trouverait un endroit pour faire une boom le mercredi suivant. Je pense à tous les jeunes d’aujourd’hui qui n’ont pas cette chance parce que des abrutis de par ce vaste monde pensent qu’il vaut mieux écraser les autres plutôt que de leur tendre la main. Malheureusement, nous n’apprenons pas des erreurs du passé. Nous les répétons inlassablement avec la même férocité.



Dans des jours comme ceux que nous vivons, je repense à Pau Casals, le musicien catalan, et au discours qu’il avait fait à l’ONU en1971 quand il reçut la médaille pour la Paix. Son discours a ému et émeut encore tous les Catalans du monde et les amoureux de la Paix. Il rappelait que déjà au 11e siècle dans la petite ville de Toulouges dans le sud de la France où mon Spouse a grandi, fut organisée la première discussion pour la paix. Dix siècles plus tard, nous avons Internet et nous allons dans l’espace. Les voitures peuvent se conduire seules et on fait des opérations à cœur ouvert. Pourtant, nous n’avons toujours pas évolué.
J’aimerais que Pau Casals soit encore là pour nous jouer “Le chant des Oiseaux”, « El cant dels ocells » et l’entendre nous dire encore « Les oiseaux chantent quand ils sont dans le ciel. Ils chantent « Paix, paix, paix ». »
J’attends sans trop y croire le jour où nous lèverons enfin le nez en l’air pour écouter tous ensemble le chant des oiseaux.
Florence de Pont
Si vous souhaitez aider les hommes, les femmes et les enfants d’Ukraine, voici une liste d’associations sur le site du journal Le Monde. Merci pour eux.
In English, Please!
As if we don’t have enough problems after a pandemic that has killed more than 6 million people worldwide and hung our lives on the rubber bands of our masks; the ever-changing climate and not necessarily for the advantage of humans; Putin, the Russian president, decided in a dramatic and unjustified way to invade Ukraine. If our world keeps changing dramatically, it will end up falling apart for good.
Wars, we in the western world have watched many of them on TV. Refugees fleeing their country at war and trying to save their families from the horrors of an absurd conflict; camps settling in areas that are not always welcoming; angry peoples who refuse them entry; we know the stories, we have already heard them again and again. In these countries of Africa or the Middle East, it is classic. Some would even say that it is a tradition for these people. In our rich countries, we are a bit fed up with their stories. They have to work it out between themselves. Some say it’s because we are a bit racist in Western countries. It is unfair. We have much more important topics to discuss on social networks: is the mask dangerous for your health? Will there be a new shortage of toilet paper? When will JFK eliminate his elites who worship Satan and drink the blood of little children in the basement of pizzerias? Is the Earth flat? It keeps us busy all day. As for the war in underdeveloped countries, we do not have time to be interested in it. It is not our fault that these people are uneducated and believe everything they are told.
But this time, war is on Europe’s doorstep. And when I say doors, it’s the next-door neighbor. People are like us, even if we don’t understand anything they say. We are watching, minute by minute, the invasion of a democratic nation, which could be any country in Europe, by a powerful country led by a violent autocrat and complete indifference to the pain of others. I hear many people on the radio or on YouTube (I don’t have the traditional television channels) expressing their surprise at this barbaric assault worthy of the worst hours in European history. What could we expect from a man who attaches so much importance to appearing macho man and whom Donald Trump admired so much?
I have drastically reduced my consumption of information for some time now because I can no longer bear to hear only bad news. I even stopped listening to NPR, the National Public Radio. Yet NPR journalists are calm. Information with them is serious without taking themself too seriously. On NPR, the outrage is always measured, the analysis precise, the interview efficient, and always respectful. Sometimes, yes, I admit it, it’s a bit boring, but I always learn something, and I always feel smarter after listening to it. Too bad I don’t remember anything.
Basically, nothing can shock me. Since the US presidential elections and the election of Donald Trump in 2016, I feel like I’m reliving my high school history lessons when we learned about ” the rise of fascism in Europe. ” We studied the seizure of power by Hitler and Mussolini and the different stages that had preceded the Second World War. Indeed, across Europe, the Americas, and elsewhere, we have seen many far-right candidates running for office, invading schools, and shattering democracies. The pandemic has fueled these tensions, and the uncertainty of this period has fueled more or less justified fears and anger. Aggression and insult have become our means of communication. No wonder I no longer expect anything from this world that is cruel and unfair to naive people and Sunday morning writers.
The world we live in today is not quite the one I imagined when I was younger, more optimistic, and my main concern was whether we would find a place to party the following Wednesday with the buddies. I think of all the young people today who don’t have this chance because morons worldwide believe it is better to crush others than to reach out to them. Unfortunately, we do not learn from past mistakes. We repeat them tirelessly with the same ferocity.



In days like these, I think back to Pau Casals, the Catalan musician, and his speech at the UN in 1971 when he received the Medal for Peace. His speech moved and still moves all Catalans in the world and lovers of peace. He recalled that already in the 11th century, in the small town of Toulouges in the south of France where my Spouse grew up, the first discussion for peace was organized. Ten centuries later, we have the Internet and go to space. Cars can drive themselves, and we do open-heart surgery. Yet we still haven’t evolved.
I would like Pau Casals to be there still to play us “The song of the birds ” El cant dels ocells ” and to hear him say to us again, “The birds sing when they are in the sky. They sing “Peace, peace, peace.” »
Even if I don’t believe in it too much, I wait for the day when we will finally raise our noses in the air to listen together to the song of the birds.
Florence de Pont
If you want to help the men, women, and children of Ukraine, here is a list of associations on the NPR website. Thank you, for them.
https://www.npr.org/2022/02/25/1082992947/ukraine-support-help


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