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En France, on fait de la prose sans le savoir et du franglais sans s’en aperçoit. Pour moi qui suis bilingue, le franglais est une seconde nature et c’est parfois très déroutant.
Qu’est-ce que le franglais, me direz-vous ? Et bien, ce sont des mots et des expressions d’origine anglaise qui se glissent sans gêne dans la langue française.
Ainsi, si je suis top, parfois je n’ai pas l’air très sexy en jogging pour aller bruncher. D’ailleurs, on me dit que je dois me faire relooker. Je devrais arrêter les chips et le gin et me mettre au footing si je veux rentrer dans mon jeans. Alors ce week-end, j’irai faire du shopping dans un magasin discount. Je passerai chez le coiffeur pour me faire refaire le brushing et je mangerai au self-service ou au fast-food avec des copains. Ensuite, on ira voir un match de foot. C’est cool, non ?
Et j’en passe.
L’anglais de son côté utilise beaucoup de mots français, certains récupérés au moment de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant et d’autres se retrouvent en cuisine. Il y a des déjà-vus dans des culs-de-sac, des fiancés qui font des faux pas, du laissez-faire dans les hotels et des omelettes dans les restaurants.
Là aussi, j’en passe et des meilleurs.
Si un-e des membres de l’Académie Française lit ce blog, il-elle va me trouver too much et je vais me faire taper sur les doigts. L’ Académie Française est cette institution qui fixe les règles de la langue française et devient toute rouge chaque fois que quelqu’un est trop cosy avec la langue anglaise. Elle s’inquiète de la place du franglais dans le monde télévisuel et publicitaire. Pour elle, cela crée « une insécurité linguistique et une fracture sociale ». L’Académie Française pèse ses mots. Il faut dire que c’est son fonds de commerce. La fracture générationnelle se ferait entre les jeunes qui sont connectés à fond et les moins jeunes qui adorent tout autant leur smartphone, mais ne maitrise pas forcément l’anglais. Comme si les plus de 50 ans n’allaient jamais au pressing ou ne garaient pas leur voiture au parking.
En France, on ne rigole pas avec le français et sa place dans le monde. Entre ceux qui s’inquiètent de l’influence anglaise et américaine, les langues régionales qui ont leur mot à dire et l’écriture inclusive qui n’exclut plus aucun genre, la langue française n’a pas fini de faire parler d’elle. On en reparlera.
Le mois de mars est le mois de la Francophonie. Alors, je dédie cette chanson de Yves Duteuil aux francophones, aux amoureux de la langue de Molière et de Jean-Jacques Goldman et à ceux qui apprennent avec courage et détermination cette langue belle, complexe, changeante et chantante.
Et oui, comme le disait Beaumarchais, en France tout finit par une chanson !
Vive la francophonie et ses multiples accents !
Florence de Pont
In English, Please!
In France, we do prose without knowing it and Franglais without realizing it. For me, who is bilingual, Franglais is second nature, and it is sometimes very confusing.
So, if I’m great (top), sometimes I don’t look very sexy in a tracksuit ( jogging) for brunch (bruncher). Besides, I am told that I have to get a makeover (relooker). I should quit the ships and the gin and start jogging (footing) if I want to fit into my denim (jeans). So this weekend (le week-end), I’m going shopping at a discount store. I’ll go to the hairdresser to have my brushing redone, and I’ll eat at self-service or fast food with friends. Then we’ll see a soccer game (un match de football). It’s cool, right?
And so son.
English, for its part, uses many French words, some picked up at the time of the conquest of England by William the Conqueror, and others are found in the cuisine. There are deja-vus in cul-de-sacs, fiances making faux-pas, laissez-faire in hotels and omelets in restaurants.
And so on and so forth.
If one of the members of the Académie française reads this blog, he/she will find me too much and will slap me on the wrist. The Académie française is this institution that sets the rules of the French language and turns red every time someone is too cozy with the English language. It worries about the place of Franglais in the world of television and advertising. For the Académie, this creates “linguistic insecurity and a social divide.” The Académie française weighs its words. Well, it is its business. The generational divide would be between young people who are fully connected and the not so young who love their smartphones just as much but do not necessarily master English. As if the over 50s never go to the dry cleaners (pressing) or park their car in the parking lot (parking).
In France, we do not laugh at the French language and its place in the world. Between those who are worried about the English and American influence, the regional languages which have their say, and the inclusive writing which no longer excludes any gender, the French language has not finished making people talk about it. We will speak again about it.
March is the month of La Francophonie. So, I dedicate this song by Yves Duteuil to all French speakers, lovers of the language of Molière and Jean-Jacques Goldman, and all those who learn with courage and determination this beautiful, complex, changing and musical language.
And oui, as Beaumarchais said, in France, everything ends with a song!
Vive la Francophonie and its many accents!
Florence de Pont


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