Le système de santé français VS le système américain ~

Read in English below :The French healthcare system VS the American system

Durant mon dernier séjour en France pour mes vacances, j’ai eu l’occasion de comparer une partie des systèmes de santé en France et aux USA. Je n’ai pas la prétention de faire une analyse des deux systèmes, mais j’ai simplement l’envie de décrire une expérience personnelle. Je n’ai ni le courage, ni la patience  nécessaire pour débattre avec les défenseurs, les détracteurs, les ronchons et les enthousiastes de l’un ou l’autre des systèmes, ou d’aucuns.

D’abord, un petit rappel simple et rapide du fonctionnement des deux systèmes.

D’abord, le système américain est basé essentiellement sur les assurances privées. Les entreprises payent une partie des assurances de leurs employés. Selon les compagnies les avantages de l’assurance seront plus ou moins intéressants en fonction des frais médicaux qu’elle prend en charge.  Toutefois, le gouvernement paye 64% des frais de santé du pays par les assurances Medicare pour les retraités et les handicapés, Medicaid pour les plus pauvres. Le Affordable Care Act plus connu sous le nom d’Obamacare dont on a beaucoup parlé à tort et à travers aux USA, est une loi qui permet d’étendre la couverture d’assurance de la santé à un plus grand nombre d’Américains, ainsi que de maitriser les couts et d’assurer une meilleure qualité de la santé.

Le système de santé américain est basé sur le privé et les choix personnels, ou plutôt le chacun pour soi.

C’est un système extrêmement couteux pour le gouvernement américain qui paye des prix atrocement élevés pour les médicaments et les frais d’hôpitaux. Dans le pays de la loi du marché, les compagnies pharmaceutiques décident de leurs prix, car il n’existe pratiquement pas de concurrence entre leurs produits les plus chers. « Atrocement élevé » est faible pour décrire l’impact que ce système a sur la population américaine qui n’a pas les moyens de se payer une assurance. Chaque année, 650000 familles américaines font faillite à cause de leurs factures de santé. Autant dire qu’avant de se soigner, les Américains regardent leurs comptes en banque.

En France, le système de santé est basé sur la solidarité nationale.

Ce n’est pas un président socialiste qui l’a créé en 1945 à la fin de la guerre, mais le gouvernement du général de Gaulle qui, je le précise pour ceux qui ne le connaitraient pas, était loin d’être un socialiste et encore moins un communiste.  La Sécurité sociale, appelée affectueusement la Sécu par les Français, garantit des soins de santé à toutes les personnes résidant en France. Chacun paye sa part en fonction de ses revenus. C’est aussi un système mixte qui a des complémentaires, mutuelles ou assurances privées, qui prennent en charge les 20% des frais médicaux qui ne sont pas couverts par la Sécu. Les frais hospitaliers sont couverts à 100%. Toutefois, ce système est considéré comme inégalitaire, car ceux qui ne peuvent pas se payer une complémentaire doivent payer les 20 % restant. Cela est une des raisons qui explique les services hospitaliers engorgés et débordés dont la situation des urgences est le point d’orgue. Pour pallier les lourdeurs, les lenteurs et parfois les risques de l’hôpital public, beaucoup se tournent vers les cliniques privées, plus couteuses, aggravant le sentiment d’inégalité.

Si le système est couteux pour la France, les frais de santé y sont moitié moins chers qu’aux USA.

Le cout moyen en France est de 5000$ par personne alors qu’il est de 10600$ aux USA. Par exemple, le prix d’une consultation chez un docteur généraliste est de 25$ euros en France alors qu’aux USA la moyenne est de 287$ pour une simple consultation. Alors qu’en France le patient ne paie rien, aux USA il devra payer une copay, un montant avant que l’assurance ne prenne en charge la visite. Avec mon assurance, je paye 20$ à chaque visite et mon docteur facture 125$ à mon assurance. En France, on montre la carte vitale, celle de la sécu, aux USA, on montre sa carte d’assuré et sa carte bancaire.

La population française vit plus longtemps et est en meilleure santé que la population américaine.

En effet, dans le cas d’une personne qui a une infection aux USA. Aux premiers symptômes, elle évite d’aller chez le docteur et essaye de se soigner seule parce qu’elle ne peut payer la visite chez un docteur. Elle finit aux urgences avec une infection généralisée entrainant des soins et des frais beaucoup plus importants que si elle avait reçu un traitement approprié dès le début. Le cout des soins pour cette personne est du coup bien supérieur aux USA qu’en France où elle n’aurait pas hésité à consulter son docteur rapidement.

Cela dit, pour avoir une idée un peu plus concrète, voici donc mon expérience personnelle.

France VS USA

En mai dernier, j’ai eu un épisode lombaire très douloureux. Une sciatique du feu de dieu et j’avais perdu 80% des muscles de ma jambe droite. Oui, j’ai beau être matinale, j’ai mal. Autant dire que je ne passais pas de bons moments. Aussi, après une nuit douloureuse où je n’avais même pas la force de compter mes moutons, je suis allée aux urgences de l’hôpital le plus proche pour avoir quelque chose, n’importe quoi, qui soulagerait cette douleur. Ceux qui ont déjà eu une sciatique savent de quoi je parle, les autres, tant mieux pour vous, mais ne faites pas les malins. Une sciatique ce n’est pas un mal de dos, comme la migraine n’est pas un mal de tête.

L’hôpital

Mon passage à l’hôpital a été plutôt rapide. Qui va a l’hôpital un lundi à 6h du matin, dans le county calme et tranquille du Sussex ? L’infirmière de garde a été agréable et bienveillante. Le docteur, bien trop jeune pour savoir ce qu’avoir mal voulait dire, m’a donné 7 différents cachets et un patche pour calmer la douleur. Après deux heures, je ne sortais de là soulagée, avec aucune force dans la jambe, une ordonnance et un sondage à remplir pour donner mon avis sur la qualité des services et des soins que j’avais reçus.

En juillet, un de mes fils qui vit en France a eu un accident. Une voiture l’a renversé alors qu’il était en trottinette. Le chauffeur, après avoir l’engueulé, est parti sans demander son reste. Max est allé à son travail ensuite, mais la douleur étant trop forte, il est allé aux urgences de la bonne ville de Perpignan dans le sud de la France dont je suis originaire. Pour faire bref, il a attendu sept heures avant d’être reçu par un médecin, il a eu une radio du pied et une du genou. On lui a dit qu’il avait une contusion au genou gauche et un orteil cassé au pied droit et puis il est sorti de là sans béquilles, sans soin et avec une ordonnance dans la main pour aller chercher lui-même son attellele et le sabot pour le pied.

Dans le match France- USA, côté hôpital, c’est un point pour les USA.

Le médecin généraliste

Pour ma part, je m’inquiétais pour ma jambe dont je n’arrivais pas à récupérer la force. Ma doctoresse m’a prescrit une radio, quelques anti-inflammatoires. J’ai payé ma visite et ne me souciais pas de l’assurance. Sa secrétaire ne m’aurait pas laissé entrer sans elle.

Pour Max, à sa première visite chez le docteur généraliste, on s’est rendu compte que le docteur du service des urgences avait mal rempli la déclaration d’accident de travail et que du coup il fallait le refaire. Le docteur généraliste prend en main la situation et passe environ 45 min au téléphone avec l’hôpital, le service des urgences (qui ne répond pas au téléphone) et la sécurité sociale. Il devra utiliser ses connaissances pour trouver enfin quelqu’un qui veut bien refaire le document. Cela n’a l’air de rien, mais une déclaration d’accident du travail permet à l’assuré de recevoir son salaire complet pendant son arrêt de travail. À la fin de la visite, le sort du document est entre les mains de l’ancien interne du bon docteur. Ah et aussi, Max a une entorse au genou avec un épanchement de synovie. L’interne de l’hôpital ne l’avait pas diagnostiqué correctement et les employés de la pharmacie ont confondu une attelle et une genouillère. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

L’hôpital français perd encore un point. Ce n’est pas forcément le meilleur endroit où aller quand on est malade ou après un accident. L’hôpital américain ricane.

En qui concerne le docteur, chapeau bas pour le docteur français qui non seulement soigne, apaise, écoute, encourage, soutien, plaisante avec son patient, mais doit aussi prendre en charge toute la paperasse et connaitre la législation française sur la Santé. Moi, j’ai trouvé à ce docteur des côtés de Saint-Georges terrassant le dragon du système de la santé française. Quand on pense qu’en moyenne un docteur français gagne la moitié de ce que gagne un docteur américain en faisant le double du travail, les Français devraient être reconnaissants d’avoir des docteurs généralistes aussi dévoués.
Malgré la gentillesse de ma doctoresse américaine, je donne le point au docteur français. Il m’a épaté.

Le spécialiste

Ensuite, il y a eu pour Max comme pour moi, les radios, IRM et les visites chez les chirurgiens et spécialistes et les séances de kiné. À chaque fois, je sors la carte de crédit et Max sort la carte vitale.

Lors de ma visite chez le spécialiste, une fois que j’ai montré la carte de mon assurance et payé ma copay, je peux rentrer dans la salle d’examen. D’abord, une infirmière me reçoit, fait le point avec moi des raisons de ma visite et me prend la tension. Tout le long de son questionnaire, elle fixe son écran pour cocher les bonnes cases et sans lever la tête me pose tout un tas de questions. Elle doit avoir le même ton neutre avec moi et ma sciatique qu’avec une personne qui ne serait qu’un tronc posé sur un cousin. Je suis tentée de dire que je me drogue depuis l’âge de 11 ans pour la faire réagir, mais l’humour n’est pas toujours bien compris. Je ne voudrais pas rajouter une nouvelle série de questions à celle-ci déjà trop longue. Lorsque l’orthopédiste entre dans la petite salle où je l’attends en préparant mes questions – chaque minutes comptent -il a son ordinateur ouvert sur le bras. Toutes mes informations sont déjà affichées. Il a les résultats de l’IRM et de la radio. Il sait exactement ce qu’il va me dire.  Il arrive d’une autre salle d’examen et il ne veut pas perdre du temps avec moi avant d’aller se précipiter dans une autre salle. Efficacité, rentabilité. J’ai mon traitement et cela va mieux, le docteur ne s’est pas trompé et il sait exactement ce qu’il fait. J’ai quand même le sentiment que pour lui, je ne suis pas vraiment une personne, mais un symptôme. 

La visite chez le chirurgien pour Max se passe à l’hôpital. On va dans le service d’orthopédie où il montre sa carte vitale et ses papiers d’assurance et la déclaration d’accident. Ensuite, le docteur vient le chercher et on attend 30 minutes dans le couloir qu’il revienne dans son bureau, car il a été appelé par une infirmière pour voir un autre patient. Il nous reçoit enfin, mais il doit repartir pour aller voir un autre patient. On attend maintenant dans sa salle d’examen où il revient et consulte le dossier de quelqu’un d’autre. Je me demande comment il ne s’emmêle pas entre les différents patients et les différentes salles. Le chirurgien est compétent, mais débordé. Finalement, il bande -enfin- l’orteil de Max et examine son genou. Il a un ligament déchiré et le ménisque fêlé. Il aura besoin d’une opération. J’espère que les opérations sont mieux organisées et que le chirurgien ne devra pas courir d’une salle à une autre, d’un patient à un autre. Je pense que l’on va aller voir dans une clinique privée si les docteurs peuvent se consacrer un peu mieux à un patient à la fois. Dans l’un ou l’autre des systèmes, c’est finalement notre capacité à payer des soins de qualités qui feront la différence.

Le système américain gagne un point pour son le côté organisé plus rassurant, mais il manque d’humanité. Le système français est terriblement humain dans son côté chaotique, mais il est beaucoup moins rassurant.

Enfin, pour en terminer avec ce match France-Amérique

La facture

Pour chacune de mes visites que ce soit à l’hôpital, chez le docteur et deux visites chez le spécialiste et pour une radio et 20 séances de kiné, j’ai dû payer de ma poche plus de 585$, sans compter l’IRM dont j’attends encore la facture et les médicaments. Et nous avons une excellente assurance par la compagnie de Spouse. Si je devais payer les factures moi-même, cela me couterait plus de 10 000 dollars.

Pour l’hôpital, les deux visites chez le docteur, les deux visites chez le chirurgien, les 4 radios, l’IRM, les médicaments, l’attelle, la genouillère, le sabot, les béquilles, les soins et les séances de kiné, Max n’a pas dépensé un euro. Il peut se consacrer à sa rééducation sans s’inquiéter des factures qui s’accumulent.

La France gagne par KO.

Florence de Pont

In English, please!

During my last stay in France for my vacation, I had the opportunity to compare parts of the healthcare systems in France and the USA. I do not claim to analyze the two systems, but I simply want to describe a personal experience. I have neither the courage nor the patience to argue with the defenders, detractors, grumps, and enthusiasts of either system, or none.

First, a quick and simple reminder of how the two systems work.

First, the American system is essentially based on private insurance. Companies pay part of the insurance of their employees. The insurance benefits will be more or less attractive depending on the medical costs it covers. However, the government pays 64% of the country’s health costs through Medicare for pensioners and the disabled, Medicaid for the poorest. The Affordable Care Act, better known as Obamacare, which has been widely talked about in the USA, is a law that allows health insurance coverage to be extended to a greater number of Americans, as well as controlling costs and ensuring a better quality of health services.

The American healthcare system is based on the private sector and personal choice, or rather, everyone for themselves.

It is a costly system for the US government, paying excruciatingly high drug prices and hospital bills. In the land of the economic market, pharmaceutical companies decide their prices because there is virtually no competition between their most expensive products. “Excruciatingly high” is a weak word to describe the impact this system has on the American population who cannot afford insurance. Every year, 650,000 American families go bankrupt because of their health care bills. Suffice it to say that before getting treatment, Americans look at their bank accounts.

In France, the health system is based on national solidarity.

It was not a socialist president who created it in 1945 at the end of the war, but the government of General de Gaulle, who, I should point out for those who do not know him, was far from being a socialist and much less a communist. Social Security, affectionately called la Sécu by the French, guarantees health care to all people residing in France. Everyone pays their share according to their income. It is also a hybrid system with complementary, mutual, or private insurance, which covers 20% of medical costs that Social Security does not cover. Hospital costs are 100% covered. However, this system is considered unequal by some because those who cannot afford a complementary one must pay the remaining 20%. It is one of the reasons for the congested and overwhelmed hospital services, of which the emergency room situation is the high point. To overcome the cumbersomeness, the slowness, and sometimes the risks of the public hospital, many turn to more expensive private clinics, aggravating the feeling of inequality.

If the system is expensive for France, health costs are half as expensive there as in the USA.

The average cost in France is $5000 per person while it is $10600 in the USA. For example, the price of a consultation with a general practitioner is 25$ euros in France, while in the USA, the average is 287$ for a simple consultation. While in France, the patient pays nothing, in the USA, he will have to pay a copay before the insurance pays for the visit. With my insurance, I pay $20 for each visit, and my doctor bills my insurance $125. In France, we show the “carte vitale,” that of the social security; in the USA, we show our insurance card and credit card.

The French population lives longer and is in better health than the American population.

Indeed, in the case of a person with an infection in the USA. During the first symptoms, she avoids going to the doctor and tries to treat herself because she cannot pay for the visit to a doctor. She ends up in the emergency room with a generalized infection resulting in much greater care and costs than if she had received appropriate treatment from the start. Therefore, the cost of care for this person is much higher in the USA than in France, where she would not have hesitated to consult her doctor quickly.

To get a more concrete idea, here is my personal experience.

France VS USA

Last May, I had a harrowing lumbar episode. Hellfire sciatica, and I had lost 80% of the muscle in my right leg. Suffice it to say; I wasn’t having a good time. So, after a painful night where I didn’t even have the strength to count my sheep, I went to the nearest hospital emergency room to get something, anything, that would ease this pain. Those who have already had sciatica know what I’m talking about, the others good for you. Sciatica is not back pain, just like a migraine is not a headache.

The hospital

My passage to the hospital was relatively quick. Who goes to the hospital on a Monday at 6 a.m. in the calm and quiet county of Sussex? The nurse on duty was pleasant and caring. The doctor, far too young to know what being in pain meant, gave me seven different pills and a patch to ease the pain. After two hours, I left there relieved, with no strength in my leg, a prescription and a survey to fill out to give my opinion on the quality of the services and care I had received.

In July, one of my sons who lives in France had an accident. A car hit him while he was riding a scooter. After yelling at him, the driver left. Max went to work afterward, but the pain was too severe, and he went to the emergency room in the good town of Perpignan in the south of France where I come from. To make a long story short, he waited seven hours before being seen by a doctor; he had a foot x-ray and a knee x-ray. He was told he had a bruise on his left knee and a broken toe on his right foot, and then he walked out without crutches, without care, and with a prescription in his hand to get his splint by himself.

In the France-USA match, on the hospital side, it’s a point for the USA.

The practitioner

For my part, I was worried about my leg because I could not recover its strength. My doctor prescribed an X-ray and some anti-inflammatories. I paid for my visit and did not worry about insurance. Her secretary wouldn’t have let me in without it.

For Max, on his first visit to his practitioner, we realized that the doctor in the emergency department had filled out the work accident report incorrectly, and it had to be redone. The practitioner takes charge of the situation and spends about 45 minutes on the phone trying to contact the hospital, the emergency room (which does not answer the phone), and social security services. He will have to use his network of interns to finally find someone willing to redo the document. It may not seem like much, but a declaration of an accident at work allows the insured to receive his full salary while out of work. At the end of the visit, the document’s fate is in the hands of the good doctor’s former intern. Oh, and also, Max has a sprained knee with synovial effusion. The hospital intern had misdiagnosed it, and pharmacy workers mistook a splint for a knee brace. All is well in the best of worlds.

The French hospital loses another point. It is not necessarily the best place to go when you are sick or after an accident. The American Hospital sneers.

As far as the doctor is concerned, hats off to the French doctor who not only treats, soothes, listens, encourages, supports, and jokes with his patient but must also take care of all the paperwork and has to know the French health legislation. Me, I found this doctor looking like Saint-Georges slaying the dragon of the French health system. When you consider that, on average, a French doctor earns half of what an American doctor earns doing double the work, the French should be grateful to have such dedicated general practitioners.
Despite the kindness of my American doctor, I give the point to the French doctor. He amazed me.

The specialist

Then, there were X-rays, MRIs, visits to surgeons and specialists, and physical therapy sessions for Max and me. Each time, I take out the credit card, and Max takes out the carte vitale.

During my visit to the specialist, once I have shown my insurance card and paid my copay, I can enter the examination room. First, a nurse sees me, discusses the reasons for my visit and takes my blood pressure. Throughout her questionnaire, she stares at her screen to check the right boxes and, without looking up asks me a whole bunch of questions. She must have the same neutral tone with me and my sciatica as with someone who is just a trunk resting on a cousin. I am tempted to say that I have been using drugs since 11 to make her react, but the humor is not always well understood. I would not like to add a new series of questions to this already too-long one. When the orthopedist enters the small room where I am waiting for him, preparing my questions – every minute counts – he has his computer open on his arm. All my information is already displayed. He has the MRI and X-ray results. He knows exactly what he is going to tell me. He’s coming from another exam room, and he doesn’t want to waste time with me before he rushes to another room: efficiency, profitability. I have my treatment, and I feel better; the doctor was right, and he knows what he is doing. I still feel that for him, I am not really a person but a symptom.

The visit to the surgeon for Max happens in the hospital. We go to the orthopedic department, where he shows his vital card, insurance papers, and accident report. Then the doctor comes to get him, and we wait 30 minutes in the hallway for him to return to his office because a nurse called him to see another patient. He finally sees us, but he has to leave to see another patient. We are now waiting in his examination room, where he returns and consults someone else’s file. I wonder how he doesn’t get tangled between different patients and different rooms. The surgeon is competent but overwhelmed. Finally, he bandages Max’s toe and examines his knee. Max has a torn ligament and a cracked meniscus. He will need surgery. I hope that the operations are better organized and that the surgeon will not have to run from one room to another, from one patient to another. I think we will see if the doctors can devote themselves a little better to one patient at a time in a private clinic. In either system, our ability to pay for quality care will ultimately make the difference.

The American system wins a point for its more reassuring organized side, but it lacks humanity. The French hospital system is terribly human in its chaotic side, but it is much less reassuring.

Finally, to end this France-America match

The bill

For each of my visits to the hospital, to the doctor, two visits to the specialist, an x-ray and 20 physical therapy sessions, I had to pay out of pocket more than $580, not including the MRI -I’m still waiting for the bill- and the medication. And we have excellent insurance through Spouse’s company. If I had to pay the bills myself, it would cost me over $10,000.

For the hospital, the two visits to the doctor, the two visits to the surgeon, the 4 X-rays, the MRI, the drugs, the splint, the knee brace, the shoe, the crutches, the treatments, and the physical therapy sessions, Max did not spend 1 euro. He can focus on his rehabilitation without worrying about the bills piling up.

France wins by knockout.

Florence de Pont


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