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Je me demande s’il y a des Américains qui pensent aujourd’hui que leur pays n’est plus vraiment une démocratie, alors que cinq personnes non élues par le peuple, choisies par un président qui avait perdu le vote populaire, suppriment un de leurs droits constitutionnels.
La Cour suprême américaine a annulé la loi qui protégeait le droit à l’avortement aux USA
Vendredi 24 juin 2022, la Cour suprême américaine a annulé la loi qui protégeait le droit à l’avortement aux USA. Les juges Alito, Thomas, Gorsuch, Kavanaugh, Barrett — ces trois derniers nommés pas Donald Trump sous la direction de Mitch McConnell, implacable adversaire des droits des femmes aux USA — ont bouleversé la vie de millions de familles américaines. Ces cinq juges ont ignoré la volonté d’une majorité d’Américains qui ne voulaient pas l’annulation de cette loi.
68 % d’Américains ne souhaitaient pas la révocation de Roe v. Wade
68 % d’Américains ne souhaitaient pas la révocation de Roe v. Wade. Certains demandaient éventuellement de revoir la durée pendant laquelle l’avortement pourrait être autorisé, mais tous sont d’accord pour prendre en compte différents facteurs qui justifient une interruption de grossesse comme après un inceste ou un viol, ou bien lorsque la vie de la mère est en danger. Seulement 9 % des Américains pensent que l’avortement ne devrait jamais être autorisé.
J’utilise les chiffres parus dans l’article de la chaine publique américaine PBS.
https://www.pbs.org/newshour/politics/majority-of-americans-dont-want-roe-overturned
Ainsi, la décision doit être laissée à la femme qui devrait avoir le droit de choisir seule ce qui concerne son corps. 3 sur 4 Américains s’opposent à la criminalisation des médecins qui exercent des avortements. Car une annulation de ce droit constitutionnel va entrainer une criminalisation de l’avortement dans la moitié des états américains mettant en danger la santé et la vie des femmes et du personnel soignant qui les accompagne.
Au Texas, par exemple, une loi récente transforme les citoyens en chasseurs de primes. Tout individu peut dénoncer aux autorités une personne qui a eu un avortement et tous ceux qui l’ont aidée, comme le chauffeur de l’Uber qui l’a conduite à la clinique, l’ami qui l’a accompagnée ou le membre de sa famille, l’infirmière qui l’a reçue et le médecin qui l’a prise en charge. Ce bon texan sera rémunéré pour cela.
Criminaliser l’avortement n’empêche pas les avortements, il rend l’avortement plus dangereux.
Une chose est sure, comme l’explique Amnesty International « criminaliser l’avortement n’empêche pas les avortements. Cela les rend plus dangereux pour les femmes. ». L’avortement ne va pas disparaitre. La décision de la Cour Supreme n’y changera rien, mais elle a décidé qu’une femme ne peut choisir ce qu’elle veut faire avec son utérus. Il ne lui appartient plus. La femme devient une citoyenne de seconde classe sous le prétexte de sauver la vie d’un fœtus. Au-delà du débat moral, religieux ou philosophique, il s’agit d’une question de justice. Accuse-t-on les gens qui refusent le don d’organe de non-assistance à personne en danger ou de meurtre ? Est-ce qu’on les criminalise eux et leurs familles qui les soutiennent dans leur décision alors qu’un de leurs organes pourrait sauver des vies ? La loi les protège que l’on approuve ou pas ce choix et personne n’y trouve rien à redire, car chacun est libre de disposer de son corps comme il ou elle le souhaite.
Les USA rejoignent les trois autres pays qui ont interdit l’avortement dans les 25 dernières années, El Salvador, Nicaragua et la Pologne. Le message que l’Amérique envoie au monde est désastreux. L’Amérique, gendarme du monde, championne de la démocratie, supprime un droit constitutionnel sans aucun égard pour la volonté de ses citoyens.
75 % des Américains doutent de l’intégrité des juges de la Cour suprême
Les Américains en général sont très disciplinés et placent leur constitution au-dessus de tout. Ils la pensent immuable et éternelle même si les pères fondateurs de l’Amérique avaient anticipé les changements de la société américaine et avaient créé des amendements pour pouvoir la faire évoluer.
Avec les élections qui approchent pour la Chambre des représentants et le Sénat, les enjeux vont polariser encore plus une Amérique déchirée en deux. Ce qui rassemble est le manque de confiance dans les institutions et la Cour suprême par ses deux dernières décisions a perdu de sa crédibilité et de sa réputation de neutralité. En effet, 75 % des Américains doutent de l’intégrité de ses juges.
Si ça continue, le Far West va finir par être moins dangereux que mon quartier
Jeudi 23 juin 2022, la Cour suprême a rejeté une loi de New York qui interdisait de circuler avec une arme dans les rues. La cour est allée à l’encontre de tous les sondages d’opinion qui demandent un contrôle plus sévère des armes en circulations aux USA, surtout après le massacre d’enfants dans l’école d’Uvalde au Texas ou de simples clients d’un supermarché de Buffalo dans l’état de New York. Les familles de victimes de Buffalo sont choquées par la décision de la cour et les remarques faites par le juge Alito sur le fait que d’après lui les lois de NY n’ont pas protégé les victimes, oubliant de mentionner la violence de l’attaque raciste due à l’idéologie de la suprématie blanche en plein boom.
Pour ma part, j’imagine les rues de New York City et les millions de gens qui s’y croisent transformées en Ok Corral. Quand je pense que même Wyatt Earp demandait aux cowboys qui entraient dans Tombstone de laisser leurs armes à l’entrée de la ville.
https://www.smithsonianmag.com/history/gun-control-old-west-180968013/
Si ça continue, le Far West va finir par être moins dangereux que mon quartier. Entre l’école et la ville, je vais devoir me changer en Calamity Flo et cette simple idée devrait faire peur à toute personne qui a un minimum de sens commun.
Calamity Jane,par Morris
L’élection de Donald Trump a entrainé la fin d’une certaine Amérique
La violence engendre la peur, la peur engendre la colère, la colère engendre le vote d’extrême droite. Je n’ai pas beaucoup de pas de danse à faire pour trouver un lien entre le rejet de ces lois et la volonté de déstabiliser les états à majorité démocrates. On pourrait m’accuser de faire des raccourcit un peu acrobatiques, mais si je ne suis pas très souple, je ne suis pas si naive et je ne me suis pas trompée lorsque que sentait que l’élection de Donald Trump serait la fin d’une certaine Amérique. Celle du sens pragmatique, du respect de l’autre et de ses différences, de la défense des libertés individuelles et de la libre expression. Et celle de Wyatt Earp.
D’ailleurs dans ses contradictions qui peuvent expliquer la perte de confiance dans la cour suprême, il est intéressant de noter que d’après les juges, la liberté individuelle des femmes de choisir pour elle-même s’arrêtent où celle des propriétaires d’armes commence.
Maintenant déchainée, libérée de tous principes moraux et républicains, la Cour suprême vise à annuler d’autres lois comme celle de l’accès à la contraception, le mariage mixte, l’homosexualité et le mariage homosexuels.
Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.
Comme dit l’humoriste Trevor Noah, l’Amérique regrette tellement l’Afghanistan qu’elle met en place des lois comme les Talibans. Il vaut mieux en rire. Comme disait Figaro dans la pièce de l’écrivain français Beaumarchais : « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. »
Et bien les amis, je vous le dis, on n’a pas fini de rigoler ici aux US of A.
Florence de Pont
In English, please!
I wonder if any Americans today think that their country is no longer a democracy, when five people not elected by the people, chosen by a president who had lost the popular vote, remove one of their constitutional rights.
The US Supreme Court struck down the law that protected the right to abortion in the USA
Friday, June 24, 2022, the US Supreme Court struck down the law that protected the right to abortion in the USA. Justices Alito, Thomas, Gorsuch, Kavanaugh, and Barrett — the latter three appointed by Donald Trump under the direction of Mitch McConnell, an implacable opponent of women’s rights in the United States — have changed the lives of millions of American families. Five individuals with no basic democratic sense ignored the will of most Americans who did not want this law overturned.
68% of Americans did not want Roe-Wade overturned.
Some possibly asked to review the period during which abortion could be authorized. Still, all agree to consider different factors that justify the termination of pregnancy, such as after incest or rape or when the mother’s life is in danger. Only 9% of Americans think abortion should never be allowed.
I use the figures published in the article of the American public channel PBS.
https://www.pbs.org/newshour/politics/majority-of-americans-dont-want-roe-overturned
Thus, the decision must be left to the woman, who should have the right to choose alone what concerns her body. 3 in 4 Americans oppose the criminalization of doctors who perform abortions. Because the cancellation of this constitutional right will lead to the criminalization of abortion in half of the American states, endangering the health and lives of women and the caregivers who accompany them.
For example, a recent law turns citizens into bounty hunters in Texas. Anyone can report to the authorities a person who had an abortion and all the people who helped her, such as the Uber driver who took her to the clinic, the friend who accompanied her or the family member, the nurse who saw her, and the doctor who treated her. This good Texan will be paid for it.
Criminalizing abortion does not prevent abortions; it makes abortion more dangerous
One thing is sure, as Amnesty International explains, “criminalizing abortion does not prevent abortions. This makes them more dangerous for women. “. Abortion is not going away. The Supreme Court’s decision won’t change that, but it has decided that a woman can’t choose what she wants to do with her uterus. It no longer belongs to her. The woman becomes a second-class citizen under cover of saving the life of a fetus. Beyond the moral, religious, or philosophical debate, it is a question of justice. Do we accuse people who refuse organ donation of non-assistance to a person in danger or murder? Are we criminalizing them and their families who support their decision when one of their organs could save lives? The law protects them whether or not we approve of this choice, and no one finds anything wrong with it because everyone is free to dispose of their body as they wish.
The US joins three other countries that have banned abortion in the last 25 years, El Salvador, Nicaragua, and Poland. The message America sends to the world is dire. America, policeman of the world, champion of democracy, removes a constitutional right from millions of its citizens without any regard for the will of the people.
75% of Americans doubt the integrity of the justices
Americans, in general are very disciplined and put their constitution above all else. They think it is immutable and eternal even if the founding fathers of America had anticipated the changes in American society and created amendments to make it evolve. With elections approaching for the House of Representatives and the Senate, the stakes will further polarize an America torn in two. What unites is the lack of confidence in the institutions, and the Supreme Court, by its last two decisions, has lost its credibility and reputation for neutrality. Indeed, 75% of Americans doubt the integrity of their justices.
On Thursday, June 23, 2022, the Supreme Court rejected a New York law that prohibited walking with a weapon on the streets. The court went against all the opinion polls which call for stricter control of the guns in circulation in the USA, especially after the massacre of children in the school of Uvalde in Texas or simple customers of a supermarket in Buffalo, New York. Families of Buffalo victims are shocked by Justice Alito’s court ruling and remarks that he says about NY laws failing to protect victims. He forgot to mention the violence of the racist attack due to the booming white supremacy ideology.
If this continues, the Wild West will end up being less dangerous than my neighborhood
For my part, I imagine the streets of New York City and the millions of people who pass through them transformed into the Ok Corral. Even Wyatt Earp used to ask cowboys entering Tombstone to leave their guns before entering the town.
https://www.smithsonianmag.com/history/gun-control-old-west-180968013/
If this continues, the Wild West will end up being less dangerous than my neighborhood. Between school and the city, I’m going to have to change into Calamity Flo, and this simple idea should scare anyone with a bit of common sense.
Calamity Jane,par Morris
The election of Donald Trump was the end of a certain America
Violence breeds fear, fear breeds anger, and anger breeds far-right voting. I don’t have many dance steps to find a link between the rejection of these laws and the desire to destabilize states with a Democratic majority. You could accuse me of making a little acrobatic shortcut, but if I’m not very flexible, I am not so naive, and I was not mistaken when I felt that the election of Donald Trump would be the end of a certain America. The one with a pragmatic sense, respect for others and their differences, and the defense of individual freedoms and free expression. And that of Wyatt Earp.
Moreover, in its contradictions which can explain the loss of confidence in the supreme court, it is interesting to note that according to the judges, the individual freedom of women to choose for themselves stops where the freedom of gun owners begins.
Now unleashed, freed from all moral and republican principles, the Supreme Court aims to strike down other laws such as access to contraception, intermarriage, homosexuality, and same-sex marriage.
I hurry to laugh at everything, for fear of having to cry
As comedian Trevor Noah says, America misses Afghanistan so much that it puts laws like the Taliban in place. It is better to laugh about it. As Figaro said in the play by the French writer Beaumarchais: “ I hurry to laugh at everything, for fear of having to cry. »
Well, friends, I’m telling you, we’re not done laughing here in the US of A.
Florence de Pont


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